Vos patients sont-ils si bien protégés ?

La dure réalité des statistiques d’observance

Les recommandations en matière de prévention antiparasitaire externe (APE) et interne (API) varient en fonction des risques environnementaux, des modes de vie des animaux et des préconisations scientifiques.

Selon les données d’une étude Bio’Sat de 2020, les chiens reçoivent en moyenne 4,3 mois de traitements APE par an lorsque ceux-ci sont administrés mensuellement, et les chats seulement 3,5 mois. Des chiffres bien en deçà d’une couverture annuelle efficace. L’arrivée de traitements valables 12 semaines a légèrement fait progresser l’observance avec 20,4 semaines de protection contre 18,6 semaines en 2020. Une amélioration timide, mais qui souligne l’intérêt de solutions longue durée.

Derrière ces chiffres, une réalité souvent ignorée : les équipes vétérinaires sous-estiment la difficulté des familles à suivre un calendrier strict d’administration des traitements. Oubli, manque d’information, perception erronée du risque : autant de freins à une protection efficace.

L’observance des traitements antiparasitaires est impactée par plusieurs facteurs :

  • Manque de sensibilisation des propriétaires : beaucoup ne réalisent pas que les parasites sont présents toute l’année, même en hiver ;
  • Contraintes financières : certains clients arbitrent leur budget en pensant que la prévention peut être allégée ;
  • Multiplicité des solutions : pipettes, comprimés, injections, colliers… Le choix peut être déroutant ;
  • Oubli et manque de suivi : sans rappel, l’administration devient irrégulière.

Comment évaluer l’observance chez vos patients ?

Avant d’agir, il est essentiel de poser un diagnostic sur la situation au sein de votre clinique. Plusieurs indicateurs peuvent vous aider à mesurer l’observance des traitements APE et API :

  • Le ratio de produits vendus par animal suivi : une simple division du nombre de doses vendues par le nombre d’animaux suivis permet d’estimer la couverture moyenne ;
  • L’analyse des historiques clients : via votre logiciel de gestion, il est possible d’extraire les données de prescription et d’achat de traitements de prévention ;
  • La comparaison avec les chiffres nationaux : en consultant votre centrale d’achat ou vos partenaires pour les traitements préventifs, vous pouvez obtenir des analyses statistiques pour situer votre clinique par rapport à la moyenne.

Vous serez peut-être surpris du résultat : une équipe vétérinaire estime souvent une observance bien supérieure à la réalité. Une fois ces données en main, l’objectif est de mettre en place des stratégies correctives.

Des outils pour améliorer l’observance

Pour aider vos clients à mieux suivre les recommandations de prévention, plusieurs solutions peuvent être mises en place :

  • Miser sur les rappels automatisés : SMS, e-mails ou notifications via votre application client permettent d’accompagner les propriétaires dans l’administration des traitements ;
  • Proposer des plans de prévention : en incluant les traitements antiparasitaires dans un abonnement annuel, vous facilitez la régularité et diminuez le risque d’oubli ;
  • Privilégier des traitements longue durée : certains traitements permettent, dès la première administration, de protéger l’animal non seulement pour plusieurs mois, voire jusqu’à un an. Cela permet de s’affranchir des administrations mensuelles qui ne sont pas toujours respectées ;
  • Valoriser l’accompagnement ASV : en charge de la relation client au quotidien, les ASV jouent un rôle clé dans la pédagogie et le suivi de l’observance. Leur implication dans le suivi des historiques et la relance des clients est un levier puissant ;
  • Informer sur les risques sanitaires : mettre en avant les conséquences des infestations parasitaires permet de renforcer l’adhésion des clients.

L’optimisation de l’observance en prévention repose sur une approche globale, alliant suivi rigoureux et solutions adaptées aux contraintes des propriétaires. Mais la première étape reste l’auto-évaluation : savez-vous aujourd’hui combien de mois vos patients sont réellement protégés ? À vos calculs !

Audrey QUENET, ASV

GP-FR-NON-250300035